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lundi 24 septembre 2012

Discours d'ouverture du colloque international sur la littérature prolétarienne au XIXe et XXe siècles


Je tiens en premier lieu à saluer l’ensemble des participants à ce colloque. Il est rare de voir sur notre ville, rassemblés en un même lieu, autant d’universitaires et d’éminents spécialistes de la littérature française et de l’histoire de notre civilisation.

Je tiens aussi à remercier Frédéric-Gaël Theuriau, Docteur ès lettres de l'Université François Rabelais de Tours. Sans lui et ses recherches sur Savinien Lapointe, Sens ne serait pas ce week-end le haut lieu de la littérature prolétarienne des deux derniers siècles.

Comme vous l’écrivez dans le texte de présentation du programme de ce colloque au sujet des travaux qui vont être restitués par les intervenants durant ce week-end : «  le fruit du travail et de la réflexion n’a pas pour unique objectif de dépoussiérer un passé sans y inclure un présent afin, peut-être, de le critiquer, de le comprendre, d’alerter le politique et d’influer sur l’avenir de manière positive. » Pour le politique que je suis,  j’ose entrevoir dans vos propos une merveilleuse espérance dans notre capacité à améliorer notre quotidien en apprenant du passé.

Les machines-outils des ouvriers de nos manufactures ont disparu au profit des claviers et des souris sans fil… La silicose du mineur a muté en « Burning Out » des employés… La culture ouvrière s’est diluée dans les spots publicitaires de nos programmes télés et les spams de nos boites Mail. Jamais l’écart des richesses entre individus n’a été aussi important qu’aujourd’hui. Jamais les détenteurs du capital n’ont été aussi puissants.

Comme le souligne, non sans humour et provocation, Raoul Vaneigem « le prolétariat a perdu son nom depuis que la plupart des citoyens en font partie. »
 
Heureusement, la littérature demeure…. gardienne de l’histoire des hommes, des femmes et de leurs idées.

Aussi, je tiens à saluer votre volonté d’avoir élargi à divers genres littéraires –bien au-delà du cadre fixé par Henry Poulaille (fondateur dans les années 1930 du Groupe des écrivains prolétariens de langue française faisant  de la littérature prolétarienne un courant littéraire), ce week-end consacré à l’étude de la littérature prolétarienne du XIXe et XXe siècles. Je note avec plaisir que de nombreux écrivains de Sens et sa région seront à l’honneur, je pense à  André Gateau, Savinien Lapointe, même Bernard Clavel vécu quelque temps à Villeneuve Sur Yonne.

Je vous suis très reconnaissant de redonner, au travers de vos communications et travaux, ses lettres de noblesse à cette littérature prolétarienne qui s’est enrichie depuis plus de deux siècles des contributions des ouvriers, des écrivains, de poètes, des intellectuels issus ou non des classes laborieuses et des universitaires, comme vous, qui ont montré l’importance de cette production littéraire dans la constitution de notre socle culturel commun.

Pour conclure, je citerais Albert Camus : « Il est vrai peut-être que les mots nous cachent davantage les choses invisibles qu'ils ne nous révèlent les visibles.»

Je vous invite donc sans plus attendre de « révéler » à nos sens et en votre compagnie, le monde invisible de la littérature prolétarienne.

Merci de votre attention.

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